jean-louis Brunati metamorphic

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Catégorie POEMES 1:

                                  EXTINCTION

 

Eteins les yeux, ferme les paupières 

                    

Pense au soleil

Qui fabrique des  rayures    

Dans l'espace d'à coté .

Soleil plié    

En deux en quatre 

Réverbéré   

 

Offrant l'infinité des rives

A tes rêves  

 

 Soleil à la manque   

 Soleil de rien du tout  

 

 Pense à  tes yeux oblitérés  

 Pavés de blanches poussières  

     

 Vois ces orbites désolées 

 Qui obéissent au sponsor  

 

 Et coupe la communication  

        

         GAITE  

 

Grand océan

Sans crépuscule      

La mer chamboule les pendules        

Les jolies vagues cul à cul

Ont plein de possibilités

Un oiseau blanc fait une bulle

Devinez où ?

Sur mon beau pull 

Je me dis :

Et si ça macule ?    

Je ris de ma naïveté .    

Sur moi le soleil se bouscule        

Et j'ai un peu les idées nulles     

Elle m'a piqué la tarentule

Qui me bourdonne ma gaîté .

 

 

 

 

        


Poèmes 3

Dans les mains moites de l'immédiat

Que fais-tu ?

Dans la pensée limousine du temps

Qu'attends-tu ?

Dans l'ombre réfrigérée de la toute présence

Que rumines-tu ?

 

Tu as oublié l'eau lente

Les mandibules du présent n'ont plus de prise

Tu es l'abonné absent

Comme une feuille oubliée sur le bord de la page.

 

 

EXTASE

 

Envahissement des nichons de poivre

Son suc de Gésivaudan

Me pénétrait comme une brume .

Ses papilles reglues érigées de rosée

Hoquetaient.

Un jus splendide nous enveloppait

Monument de la chair

Nous nous taisions.

Enfermés dans le bloc blanc de la nuit

N'avions-nous plus de points communs avec nous mêmes ?

Il manquera toujours à ma joie

L'instant où tout devient poudre de silence.

L'espace a refermé ses bras

Rien n'est étreint.

 

 

 

 

 

 

 

LE VENT

 

Le vent s'étale, plus ou moins calme

A la faveur des branches rassasiées

L'herbe mue et le chant se dresse nu

Au dessus

De l'épine dorsale de la mer.

 

C'est le vent géomètre qui calcule et qui parle

Le vent horloger de la peur qui s'installe.

 

 

Monsieur Presque

 

Les choses sont-elles dérangées ?

Ont-elles été un jour rangées ?

 

Retrouver les choses à leur place millimétrée

Epluchées de la purée des mots

 

Obscure nécessité de la justesse

Exactitude de la patience

 

Rigueur du regard mouillé de reconnaissance

A l'infinitive de l'effacement

Presque au ras de la soupière du sol.

 

Répartition de la présence.

 

 

LE SOLEIL

 

Le soleil est mon arbre de midi

Aussi loin que la terre s'amoncelle

Je suis à l'ombre de sa nacelle

Où je rêve de Rawalpindi.

 

Dans la bicoque de la vie c'est vrai,

Gémir n'est pas de circonstance

Inventer mes fusées de plaisance

Ne fera pas de moi un ravi

Certes, mais il me faut le dire

 

J'aime le jour mieux que la nuit.

 

 

RALENTISSEMENTS

 

Je suis de la lenteur qui ravine les pierres.

Assis dans l'ombrageux détail de l'univers

Je mesure le vent je scrute la prière

Qu'adressent aux mourants des roseaux de lumière.

 

Je suis né de la molle tenture du temps

J'évalue le hasard qui me fige têtard

J'embaume les kaléidoscopiques moments

Qui me cadencent en un regard.

 

Je rumine le temps qui me reste vermine

A quelques omoplates de mes rêves obtus

Des pensées braseros j'allume les fétus

Et je m'enfonce dans l'herbe où rien ne se termine.

 

Je sais trop bien qu'un jour à mon tour rabougri

La mer sera lassée de mes petits soucis

et déjouant  de peu les prévisibilités

un sein voluptueux se gonflera sans moi.

 

Pas  mon cœur de rocade pour en faire le tour.

 

 

 

Dans ta prison de mort dernière 

 

Mère où vas-tu, où t-en vas-tu ?

Tu étais, je suis, nous étions

Tu étais et nous étions.

 

Où tu étais mère j'allais et nous étions

Tu allais et nous vivions, tu vivais et nous allions,

Où t'en vas-tu mère, où es-tu ?

 

Plus de lumières, plus de maison,

Tu étais où nous étions pourtant.

Dans les chemins roulent les pierres

Indifférentes à nos misères,

Dans les trous les feux de la terre

Brûlent pareils à des ludions.

 

Où étais-tu mère quand nous vivions

Les impatiences de nos présents.

La peau douce du monde sans toi

Est-ce possible seulement ?

 

Le temps est devenu borne de lumière

Les livres ne sont plus  mystère

qui faisaient vibrer ton regard.

L'horizon est borgne depuis

Que l'imbécile hasard t'a jeté hors de nous

Sur la chaussée de catastrophe

Mère entends-tu  la colère

et la rage qui désespère?

 

Tu étais j'étais nous étions et pourtant

La valse des hésitations ne referment plus tes paupières

En battements si émouvants.

 

Quand tu étais nous allions, éclats de regards fiers

Au devant des lumières, nous allions…

 

Où vas-tu mère, où t'en vas-tu ?

Ce soleil qui décide de tout et de rien

Comment est-ce possible ?

D'un moment à l'autre tout s'expatrie

Depuis que tu as pris langue

Avec le ventre chaud de la terre

Dans ta prison de mort dernière.

 

     APRES

 Après que les hommes se seront longuement massacrés

Les autres auront longtemps regardé

Le temps se diluer

La mort ne se serait jamais autant délectée

Terrible  l' interminable dilatation du temps

A la hauteur de la tuerie

Le présent boursouflé  gonflé comme une bulle

Résonnerait réfracté par les regards

Et les autres n' oseraient faire quoi que ce soit

De peur que ça ne revienne 

De peur

Tous englués de haine et de peur

Un cri fut pourtant le signal de la paix retrouvée

Sans doute d'autres tueries fuseraient

Pour que les hommes deviennent vivants.

Un cri à faire  reluire les ailes fatiguées du temps

Un seul cri restaurant l'antique ménagerie des mots

C'était  comme si

Rien

Etait là en personne

Dans la volière du calendrier somnolent

La mort était redevenue normale.     

 

  

                         ARC-BOUTE     

Arc-bouté  à ce rêve souci

Même île où le rivage fait rage      

Les idées-sbires défilent

A croire manège de masques

grotesques

Attendu qu'atteinte et déjà mourante

L'idée

Mère du beau souci      

N'a plus besoin

Sempiternellement

J'attends.

 

 

                             

 

            CRAC

 

 

Crac je crie je crois

Car de qui de quoi

Je suis certain de rien

 

Salamalecs s'avancent

Suis-je Sud ? je pense

Abruti de rien

 

Car la grande amphore 

Celle qui me dévore

Et me ratatine

N'augure de rien

 

Je vais  je la prends

C'est à mes dépens

Car je n'y

Vois rien

 

Peut-être qu' hostile

A moi-même

Je bile

De n'y voir  rien 

Et les jours s'empilent

Comme des chiens.

 

                 

 

 

                 ARBRE  

 

 

A l'abri je pige quoi ?   

Les vents durs se bousculent dehors ,       

Méchantes haleines .      

Je vole un éclair des fois       

Que j'avale tout doucement     

Pour faire durer .               

Des  fois       

Le son tinte de ma voix        

Ou d'une autre      

C'est si rare           

Alors      

Vraie mécanique d'insomnie       

Je me plante dans l'instant bizarre   

Chaîne où se pendule le rire fou      

Arbre

Pour un  moment

 

                       


Posté le 29/06/2007 | 6132 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

A Vancouver

J'étais mort bien avant de naître et depuis si longtemps.

Je n'étais pas encore partisan de moi-même ni de rien,

moulé dans l'océan fleur au milieu des pierres, écume rousse au bord des champs/ avoines aux seins brûlés/

effluve vibrante dans la grande prairie sans auberge.

C'était ça ou rien ... J'aurais pu : rien. Tout me poussait vers tout.

Depuis j'ai pactisé avec le temps.

 

Déjà quelques peintures, il y aura des sculptures, des poésies aussi, à qui mieux mieux, à qui veut voir.


Posté le 06/01/2007 | 265 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

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