jean-louis Brunati metamorphicArticlesPrésentation
J'ai de tout temps été fasciné par le mystérieux pouvoir qu'a le monde sur nous. Comment peut-il engendrer autant de regards différents? Très tôt j'ai eu le sentiment d'être un spectateur privilégié de l'étrangeté de la vie. Le monde est un cadeau… qui nous échappe à chaque instant. Ainsi entre (ou n'entre pas) le merveilleux dans la vie. Il entre et il sort. Pourtant au moment même où tout semble nous filer entre les doigts nous pouvons en saisir une partie de l'énigme, en fixer quelque chose par les moyens de la peinture ou de la poésie. Ainsi nous pouvons approcher le silence étonnant des choses. On croit que c'est le monde qui nous échappe mais c'est notre propre regard qui rend trop vite les armes et glisse sur les choses. Le monde, lui, est toujours à sa place là où il est; c'est pourquoi il s'agit de dérouter le sens habituel des images pour retrouver une autre harmonie qui s'impose à notre regard, celui-ci s'en trouve alors rafraîchi. Cela nous permet d'habiter le monde différemment. Ma formation est en grande partie personnelle : j'ai commencé dans l'artisanat, la taille de pierre et la sculpture. Ensuite j'ai éprouvé le besoin de travailler le dessin d'après nature puis la peinture à l'huile, à l'encre, à l'acrylique sur différents supports. Dans mon travail je combine des démarches parallèles et j'utilise successivement plusieurs techniques pour ouvrir des possibilités de bifurcation inattendues. Ce qui m'intéresse c'est ce qui me surprend puis m'attire vers l'inconnu. Mon principe est de ne refuser aucune idée même si elle me paraît au premier abord saugrenue. Du moment qu'elle m' a traversé l'esprit je me dis qu'elle est mienne et que je dois la considérer avec sérieux, y réfléchir, l'expérimenter. C'est comme un devoir. Ensuite je peux en jouer comme je veux, en faire quelque chose ou rien. Cézanne disait qu' « un artiste doit faire son œuvre comme l'amandier ses fleurs, la limace sa bave ». Je trouve son indication précieuse et cette formule dans son apparente simplicité me plait bien. Posté le 19/06/2008 | 15 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article Phil GlassEnvoutant ce morceau; c(est toujours pareil et on ne s'en lasse pas.Posté le 30/06/2007 | 4136 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article Poèmes 3Dans les mains moites de l'immédiatQue fais-tu ? Dans la pensée limousine du temps Qu'attends-tu ? Dans l'ombre réfrigérée de la toute présence Que rumines-tu ? Tu as oublié l'eau lente Les mandibules du présent n'ont plus de prise Tu es l'abonné absent Comme une feuille oubliée sur le bord de la page. EXTASE Envahissement des nichons de poivre Son suc de Gésivaudan Me pénétrait comme une brume . Ses papilles reglues érigées de rosée Hoquetaient. Un jus splendide nous enveloppait Monument de la chair Nous nous taisions. Enfermés dans le bloc blanc de la nuit N'avions-nous plus de points communs avec nous mêmes ? Il manquera toujours à ma joie L'instant où tout devient poudre de silence. L'espace a refermé ses bras Rien n'est étreint. LE VENT Le vent s'étale, plus ou moins calme A la faveur des branches rassasiées L'herbe mue et le chant se dresse nu Au dessus De l'épine dorsale de la mer. C'est le vent géomètre qui calcule et qui parle Le vent horloger de la peur qui s'installe. Monsieur Presque
Les choses sont-elles dérangées ? Ont-elles été un jour rangées ? Retrouver les choses à leur place millimétrée Epluchées de la purée des mots Obscure nécessité de la justesse Exactitude de la patience Rigueur du regard mouillé de reconnaissance A l'infinitive de l'effacement Presque au ras de la soupière du sol. Répartition de la présence. LE SOLEIL Le soleil est mon arbre de midi Aussi loin que la terre s'amoncelle Je suis à l'ombre de sa nacelle Où je rêve de Rawalpindi. Dans la bicoque de la vie c'est vrai, Gémir n'est pas de circonstance Inventer mes fusées de plaisance Ne fera pas de moi un ravi Certes, mais il me faut le dire J'aime le jour mieux que la nuit.
RALENTISSEMENTS Je suis de la lenteur qui ravine les pierres. Assis dans l'ombrageux détail de l'univers Je mesure le vent je scrute la prière Qu'adressent aux mourants des roseaux de lumière. Je suis né de la molle tenture du temps J'évalue le hasard qui me fige têtard J'embaume les kaléidoscopiques moments Qui me cadencent en un regard. Je rumine le temps qui me reste vermine A quelques omoplates de mes rêves obtus Des pensées braseros j'allume les fétus Et je m'enfonce dans l'herbe où rien ne se termine. Je sais trop bien qu'un jour à mon tour rabougri La mer sera lassée de mes petits soucis et déjouant de peu les prévisibilités un sein voluptueux se gonflera sans moi. Pas mon cœur de rocade pour en faire le tour. Dans ta prison de mort dernière Mère où vas-tu, où t-en vas-tu ? Tu étais, je suis, nous étions Tu étais et nous étions. Où tu étais mère j'allais et nous étions Tu allais et nous vivions, tu vivais et nous allions, Où t'en vas-tu mère, où es-tu ? Plus de lumières, plus de maison, Tu étais où nous étions pourtant. Dans les chemins roulent les pierres Indifférentes à nos misères, Dans les trous les feux de la terre Brûlent pareils à des ludions. Où étais-tu mère quand nous vivions Les impatiences de nos présents. La peau douce du monde sans toi Est-ce possible seulement ? Le temps est devenu borne de lumière Les livres ne sont plus mystère qui faisaient vibrer ton regard. L'horizon est borgne depuis Que l'imbécile hasard t'a jeté hors de nous Sur la chaussée de catastrophe Mère entends-tu la colère et la rage qui désespère? Tu étais j'étais nous étions et pourtant La valse des hésitations ne referment plus tes paupières En battements si émouvants. Quand tu étais nous allions, éclats de regards fiers Au devant des lumières, nous allions… Où vas-tu mère, où t'en vas-tu ? Ce soleil qui décide de tout et de rien Comment est-ce possible ? D'un moment à l'autre tout s'expatrie Depuis que tu as pris langue Avec le ventre chaud de la terre Dans ta prison de mort dernière.
Posté le 29/06/2007 | 4270 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article A VancouverJ'étais mort bien avant de naître et depuis si longtemps. Je n'étais pas encore partisan de moi-même ni de rien, moulé dans l'océan fleur au milieu des pierres, écume rousse au bord des champs/ avoines aux seins brûlés/ effluve vibrante dans la grande prairie sans auberge. C'était ça ou rien ... J'aurais pu : rien. Tout me poussait vers tout. Depuis j'ai pactisé avec le temps.
Déjà quelques peintures, il y aura des sculptures, des poésies aussi, à qui mieux mieux, à qui veut voir. Posté le 06/01/2007 | 133 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article Rechercher dans les articles |