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Présentation

                           

 

 

J'ai de tout temps été fasciné par le mystérieux pouvoir qu'a le monde sur nous. Comment peut-il engendrer autant de regards différents? Très tôt j'ai  eu le sentiment d'être un spectateur privilégié de l'étrangeté de la vie. Le monde est un cadeau… qui nous échappe à chaque instant. Ainsi entre (ou n'entre pas) le merveilleux dans la vie. Il entre et il sort. Pourtant au moment  même où tout semble nous filer entre les doigts nous pouvons en saisir une partie de l'énigme, en fixer quelque chose par les moyens de la peinture ou de la poésie. Ainsi nous pouvons approcher le silence étonnant des choses.

On croit que c'est le monde qui nous échappe mais c'est notre propre regard qui rend trop vite les armes et glisse sur les choses. Le monde, lui, est toujours à sa place là où il est; c'est pourquoi il s'agit de dérouter le sens habituel des images pour retrouver une autre harmonie qui s'impose à notre regard, celui-ci s'en trouve alors rafraîchi. Cela nous permet d'habiter le monde différemment.

Ma formation est en grande partie personnelle : j'ai commencé dans l'artisanat, la taille de pierre et la sculpture. Ensuite j'ai  éprouvé le besoin de travailler le dessin d'après nature puis la peinture à l'huile, à l'encre, à l'acrylique sur différents supports. Dans mon travail je combine des démarches parallèles et j'utilise successivement plusieurs techniques pour ouvrir des possibilités de bifurcation inattendues. Ce qui m'intéresse c'est ce qui me surprend puis m'attire vers l'inconnu. Mon principe est de ne  refuser aucune idée même si elle me paraît au premier abord saugrenue. Du moment qu'elle m' a traversé l'esprit je me dis qu'elle est mienne et que je dois la considérer avec sérieux, y réfléchir, l'expérimenter. C'est comme un devoir. Ensuite je peux en jouer comme je veux, en faire quelque chose ou rien.

Cézanne disait qu' « un artiste doit faire son œuvre comme l'amandier ses fleurs, la limace sa bave ». Je trouve son indication précieuse et cette formule dans son apparente simplicité me plait bien.


Posté le 19/06/2008 | 15 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Phil Glass

Envoutant ce morceau; c(est toujours pareil et on ne s'en lasse pas.
Posté le 30/06/2007 | 4136 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Poèmes 3

Dans les mains moites de l'immédiat

Que fais-tu ?

Dans la pensée limousine du temps

Qu'attends-tu ?

Dans l'ombre réfrigérée de la toute présence

Que rumines-tu ?

 

Tu as oublié l'eau lente

Les mandibules du présent n'ont plus de prise

Tu es l'abonné absent

Comme une feuille oubliée sur le bord de la page.

 

 

EXTASE

 

Envahissement des nichons de poivre

Son suc de Gésivaudan

Me pénétrait comme une brume .

Ses papilles reglues érigées de rosée

Hoquetaient.

Un jus splendide nous enveloppait

Monument de la chair

Nous nous taisions.

Enfermés dans le bloc blanc de la nuit

N'avions-nous plus de points communs avec nous mêmes ?

Il manquera toujours à ma joie

L'instant où tout devient poudre de silence.

L'espace a refermé ses bras

Rien n'est étreint.

 

 

 

 

 

 

 

LE VENT

 

Le vent s'étale, plus ou moins calme

A la faveur des branches rassasiées

L'herbe mue et le chant se dresse nu

Au dessus

De l'épine dorsale de la mer.

 

C'est le vent géomètre qui calcule et qui parle

Le vent horloger de la peur qui s'installe.

 

 

Monsieur Presque

 

Les choses sont-elles dérangées ?

Ont-elles été un jour rangées ?

 

Retrouver les choses à leur place millimétrée

Epluchées de la purée des mots

 

Obscure nécessité de la justesse

Exactitude de la patience

 

Rigueur du regard mouillé de reconnaissance

A l'infinitive de l'effacement

Presque au ras de la soupière du sol.

 

Répartition de la présence.

 

 

LE SOLEIL

 

Le soleil est mon arbre de midi

Aussi loin que la terre s'amoncelle

Je suis à l'ombre de sa nacelle

Où je rêve de Rawalpindi.

 

Dans la bicoque de la vie c'est vrai,

Gémir n'est pas de circonstance

Inventer mes fusées de plaisance

Ne fera pas de moi un ravi

Certes, mais il me faut le dire

 

J'aime le jour mieux que la nuit.

 

 

RALENTISSEMENTS

 

Je suis de la lenteur qui ravine les pierres.

Assis dans l'ombrageux détail de l'univers

Je mesure le vent je scrute la prière

Qu'adressent aux mourants des roseaux de lumière.

 

Je suis né de la molle tenture du temps

J'évalue le hasard qui me fige têtard

J'embaume les kaléidoscopiques moments

Qui me cadencent en un regard.

 

Je rumine le temps qui me reste vermine

A quelques omoplates de mes rêves obtus

Des pensées braseros j'allume les fétus

Et je m'enfonce dans l'herbe où rien ne se termine.

 

Je sais trop bien qu'un jour à mon tour rabougri

La mer sera lassée de mes petits soucis

et déjouant  de peu les prévisibilités

un sein voluptueux se gonflera sans moi.

 

Pas  mon cœur de rocade pour en faire le tour.

 

 

 

Dans ta prison de mort dernière 

 

Mère où vas-tu, où t-en vas-tu ?

Tu étais, je suis, nous étions

Tu étais et nous étions.

 

Où tu étais mère j'allais et nous étions

Tu allais et nous vivions, tu vivais et nous allions,

Où t'en vas-tu mère, où es-tu ?

 

Plus de lumières, plus de maison,

Tu étais où nous étions pourtant.

Dans les chemins roulent les pierres

Indifférentes à nos misères,

Dans les trous les feux de la terre

Brûlent pareils à des ludions.

 

Où étais-tu mère quand nous vivions

Les impatiences de nos présents.

La peau douce du monde sans toi

Est-ce possible seulement ?

 

Le temps est devenu borne de lumière

Les livres ne sont plus  mystère

qui faisaient vibrer ton regard.

L'horizon est borgne depuis

Que l'imbécile hasard t'a jeté hors de nous

Sur la chaussée de catastrophe

Mère entends-tu  la colère

et la rage qui désespère?

 

Tu étais j'étais nous étions et pourtant

La valse des hésitations ne referment plus tes paupières

En battements si émouvants.

 

Quand tu étais nous allions, éclats de regards fiers

Au devant des lumières, nous allions…

 

Où vas-tu mère, où t'en vas-tu ?

Ce soleil qui décide de tout et de rien

Comment est-ce possible ?

D'un moment à l'autre tout s'expatrie

Depuis que tu as pris langue

Avec le ventre chaud de la terre

Dans ta prison de mort dernière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Posté le 29/06/2007 | 4270 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

A Vancouver

J'étais mort bien avant de naître et depuis si longtemps.

Je n'étais pas encore partisan de moi-même ni de rien,

moulé dans l'océan fleur au milieu des pierres, écume rousse au bord des champs/ avoines aux seins brûlés/

effluve vibrante dans la grande prairie sans auberge.

C'était ça ou rien ... J'aurais pu : rien. Tout me poussait vers tout.

Depuis j'ai pactisé avec le temps.

 

Déjà quelques peintures, il y aura des sculptures, des poésies aussi, à qui mieux mieux, à qui veut voir.


Posté le 06/01/2007 | 133 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

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